En France - on ne le sait malheureusement que trop -, les mathématiques sont utilisées comme instrument
scolaire de sélection sociale. Les mathématiques se trouvent ainsi réduites à leur dimension calculatrice, pour
retenir des sujets aptes à « résoudre les problèmes » qu’on aura préalablement réduits à une abstraction
formelle - autant dire pour former des techniciens, gestionnaires de ce qui existe.
Cette orientation instrumente la formalisation littérale (par laquelle les mathématiques s’efforcent de penser
rigoureusement, à distance des ambiguïtés inhérentes au langage ordinaire) en la rabattant à un simple
formalisme abstrait.
Les effets délétères de cette orientation sont bien connus : dégoût de bien des jeunes devant un formalisme
abscons et réduit à un jeu sans enjeu ; angoisse de bien d’autres devant une symbolisation hermétique, ne
laissant nulle place à leur imagination ; finalement dédain de la plupart pour une discipline sans prise réelle
sur le monde mais le surplombant dédaigneusement.
Par-delà la diversité interne des pratiques collectives engagées par nos différentes initiatives, être militant de
la cause mathématique, c’est saisir tout autrement les mathématiques : comme espace de pensée (et pas de pur
calcul), gratuitement offert à quiconque (pas besoin de recourir à la fiction de quelque « bosse des
mathématiques ») et susceptible de fortes joies (celles de penser par soi-même, de comprendre – prendre avec
soi – une idée neuve éclairant quelque point réel sous un jour déconcertant et fécond).
Être ainsi militant, c’est vouloir partager ces joies de la pensée libre avec quiconque ; c’est inventer pour cela
des dispositifs singuliers ; c’est s’organiser pour « faire » des mathématiques avec qui le voudra bien, en égalité
des intelligences selon ce principe : ce qu’un être humain a mathématiquement pensé, n’importe quel autre
peut se l’approprier s’il le désire et décide alors de s’en donner les moyens.
L’enjeu de cette journée sera d’échanger et partager nos expériences entre différents militants de cette cause
commune.
PRESENTATION des associations intervenantes. Vidéo
ÉCHANGES d’expérience. Vidéo
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1. Karim Haddad
L'Unité Temporelle est un concept déduit de la pratique personnelle à partir de la manipulation des arbres rythmiques qui sont
implémentés au cœur de l'environnement de composition assistée par ordinateur OpenMusic.
En tant qu'outil sémantique rendu possible grâce au langage musical computationnel, ce concept se trouve être une "stratégie"
compositionnelle pour une nouvelle appréhension de l'écriture temporelle qui nous paraît indispensable aujourd'hui.
Nous exposerons dans cette séance une brève introduction de ces concepts qui seront illustrés par des extraits d'œuvres de
l'auteur.