
mamuphi
mathématiques - musique - philosophie
dir. F. Nicolas
(Ens-Ircam), M. Andreatta
(Ircam), C. Alunni (Ens)
Au
programme 2010-2011 : séminaire, école et
cours de mathématiques, école de musique
|
Séminaire mamuphi Un samedi matin par mois (10h30 à 13h) à l’École normale supérieure 45, rue d'Ulm - Paris V Salle S. Weil Calendrier
2010-2011 : 9 octobre 2010 27 novembre 2010 11 décembre 2010 15 janvier 2011 5 février 2011 12 mars 2011 2 avril 2011 21 mai 2011 |
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École mamuphi de mathématiques par Pierre Cartier Un samedi après-midi par trimestre (15h à 18h) à l’Ircam 1, place Stravinsky - Paris IV (salle Stravinsky) Calendrier
2010-2011 : 11 décembre 2010 5 février 2011 2 avril 2011 |
Nouveau !
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École mamuphi de musique par Antoine Bonnet et François Nicolas Un samedi après-midi par trimestre (15h à 18h) à l’École normale supérieure 45, rue d'Ulm - Paris V Salle S. Weil Calendrier
2010-2011 : 27 novembre 2010 15 janvier 2011 12 mars 2011 21 mai 2011 |
École mamuphi de musique, pour philosophes
et autres non-musiciens :
Les enjeux (généalogiques, archéologiques et esthétiques) d’une
œuvre musicale
Le projet
est d’introduire les auditeurs (en particulier ceux qui ignorent le solfège)
aux enjeux musicaux d’une œuvre.
Si les enjeux musicaux d’une œuvre se donnent dans la dialectique
interprétative d’une écoute et d’une lecture de la partition, le défi de cette
école est alors d’ouvrir un accès à la partition d’une œuvre pour qui ne sait
la lire (sans pour autant transformer bien sûr l’école en classe de solfège).
Chaque leçon
s’attachera à une œuvre pour en dégager les enjeux musicaux contemporains
(s’entend : pour un aujourd’hui musicien de la création musicale).
Les enjeux
seront dépliés selon un triple point de vue :
·
généalogique : avec quelles œuvres musicales cette œuvre dialogue-t-elle ?
·
archéologique : comment cette œuvre rétroagit-elle sur l’état du monde de la musique
dans lequel elle s’enracine ?
·
esthétique : de quelle époque de pensée cette œuvre musicale se veut-elle
contemporaine ?
Chaque œuvre
sera présentée par un musicien qui s’attachera à détailler pour quiconque sa
partition, ses interprétations significatives et une écoute possible.
|
Cours mamuphi de mathématiques par René Guitart Calendrier
2010-2011 : Seconde semestre (février-juin 2011) |
Le séminaire, les différentes écoles et le
cours mamuphi sont ouverts à tous (sans inscription
préalable).
Pour tout contact :
·
fnicolas [at] ens.fr / fnicolas [at] ircam.fr
·
moreno.andreatta [at] ircam.fr
·
charles.alunni [at] ens.fr
2010-2011
Séminaire
·
9 octobre 2010 – Franck Jedrzejewski et François Nicolas : Extensions
de Kan et musique
·
27 novembre 2010 – Jean Bénabou : Méthodes “transcendantes” en théorie des catégories
·
11 décembre 2010 –
·
15 janvier 2011 – Marco Segala : La philosophie de la musique de
Schopenhauer
·
5 février 2011 – René Guitart
·
12 mars 2011 - Thierry Paul
·
2 avril 2011 – Yves André : Du tango…
·
21 mai 2011 - Andréa Cavazzini : Symbole et diagramme. Sur les travaux de Gilles Châtelet
École de mathématiques (Pierre Cartier)
·
11 décembre 2010
·
5 février 2011
·
2 avril 2011
École de musique (A. Bonnet et F. Nicolas) [1]
·
27 novembre 2010 : Farben pour orchestre (op.16 n°3 ; 1909) d’Arnold Schoenberg, par
François Nicolas
·
15 janvier 2011 : Concerto pour orchestre (op. 24 ; 1934) d’Anton Webern, par Antoine
Bonnet
·
12 mars 2011 : Night Fantasies pour piano (1980) d’Elliott Carter, par François Nicolas
·
21 mai 2011 : Notation I pour orchestre (1980) de Pierre Boulez, par Antoine Bonnet
2009-2010
Séminaire
·
10 octobre
2009 – François Nicolas : Théoriser l’engendrement
d’une aura poétique par l’œuvre musicale mixte, à
la lumière mathématique du forçage (P. J. Cohen) d’une
extension générique [2]
·
14 novembre 2009
– Charles
Alunni : Le binôme
Lautman-Cavaillès
·
5 décembre 2009
- Thomas Noll : Logics
and Mathematical Music Theory [3]
·
16 janvier 2010
– Moreno Andreatta : Quelques éléments pour une interprétation philosophique des
approches transformationnelles en théorie et analyse musicales [4]
·
6 février 2010 –
René Guitart : Du
passage du ternaire au binaire et réciproquement dans la modélisation
mathématique [5]
·
13 mars 2010 – Yves
Chaumette : Du
ternaire au binaire, et réciproquement (un exemple) [6]
·
15 mai
2010 - Marco Segala : De la notion de musique absolue au XIX° siècle [7]
École (Leçons de Pierre Cartier)
·
5 décembre 2009
·
13 mars 2010
·
15 mai 2010
Cours Catégories et
structures
(René Guitart)
enregistrement
audio : http://2009a2010.free.fr/2009-2010-guitart
2008-2009
Séminaire
·
11 octobre 2008 (salle Cavaillès) - Répons François Nicolas / Charles Alunni
Intervenant : François
Nicolas - Des
connivences contemporaines entre intellectualités mathématique & musicale [8]
—
Philosophie - Huit
propositions au sujet du structuralisme (pdf)
—
Mathématiques & musique - Programme de
travail sur faisceaux et topos en musique
Répondant : Charles Alunni
Compte rendu de la discussion :
« 15
questions ou objections, et autant de premières réponses »
·
15 novembre 2008 (salle Celan) – Thierry
Paul - Stephan Schaub - Michael
Schmidt : Les rapports musique-mathématiques
selon Ernst Krenek (1937/1939)
Répondant :
François Nicolas - « Une lecture de Music
here and now d’Ernst Krenek »
·
6 décembre 2008 (salle S. Weil) – Franck
Jedrzejewski : Les onto(po)logies
musicales & Pierre
Lochak : Quelques
remarques sur le monde-Musique comme
topos de faisceaux
Enregistrement
audio (mp3) de la séance (Benoit Daval) : http://topfree.free.fr/2008-2009-mamuphi
Quelques photos de cette
séance (Pierre Prouvèze) et un extrait vidéo
·
17 janvier 2009 (salle S. Weil) – Christian
Houzel : Théorie des faisceaux et linguistique [9]
·
7 mars 2009 (salle des Actes) - Pierre
Lochak : Entendre - ou pas
- la forme d'un tambour. Quelques correspondances du monde physico-mathématique [10]
Mark Kac : “Can
one hear the shape of a drum?”
William P. Thurston : “On proof and progress
in mathematics”
·
4 avril 2009 (salle Beckett) – Jean
Bénabou : Magie des topos, ou topos et magie?
« Une analogie en théorie
des catégories » (in La recherche de la
vérité ; ACL – Les éditions du Kangourou ;
décembre 1999)
·
9 mai 2009 (salle S. Weil) - René
Guitart : Théorie
du nouveau [11]
[texte
préparatoire]
École
·
7 février 2009 : « Des
infinis subtils »
Texte de la leçon (pdf)
Ensemble des leçons
données par Yves André (pdf)
2007-2008
Séminaire
6 octobre 2007 - Séance d’ouverture
par Moreno Andreatta, François Nicolas et Charles Alunni
10 novembre 2007 - Évaluation de la music
theory de David Lewin (Stephan Schaub et
François Nicolas)
·
Stephan Schaub - Statut de la
formalisation mathématique dans la « music theory » américaine : une lecture de l’échange entre Edward T. Cone
et David Lewin (Perspectives of New Music 1967 et
1969).
·
François Nicolas - « Comme
Freud, Schoenberg est mort en Amérique » :
« Déconstruire
la music theory (1) : David Lewin »
« Déconstruire
la music theory (2) : Milton
Babbitt »
1° décembre 2007 -
Francis Borceux : Des jets aux infiniment
petits : quand l'intuition se mue en rigueur [12]
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1881
15 décembre 2007 : Ralf Kromer : La théorie des catégories
: un outil d'analyse musicale aux yeux de la critique philosophique
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1882
12 janvier 2008 : Thomas Noll : Le Pli Diatonique -
Algebraic Combinatorics on Words applied to the Study of the Diatonic Modes
2 février 2008 : Hector Parra : Une approche créatrice des interrelations structurelles entre les
espaces acoustiques et visuels
15 mars 2008 - René Guitart : Modalités des
discours et courbures des figures [13]
5 avril 2008 :
Stephan Schaub : Les implications de la
formalisation mathématique dans les pratiques compositionnelles de Babbitt et
Xenakis [14]
17 mai 2008 : Thierry Paul : Questions d’échelles [15]
|
École mamuphi Leçons d’Yves
André ·
1° décembre
2007 : Représentations linéaires et analyse
harmonique [16] · 15 mars 2008 : Singularités [17] ·
17 mai 2008 : Dualité(s) |
2006-2007 : Intellectualités
mathématique et musicale
Calendrier :
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1532
Présentation
PowerPoint | Documentation
distribuée
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1560
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1588
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1639
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1640
Video : www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1641
Video : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1642
version pdf : intervention
- annexes
École mathématique pour musiciens et
autres non-mathématiciens
un
samedi par trimestre, de 15h à 18h à l’Ircam (salle Messiaen)
Nous avons décidé de mettre en place, cette
année, une « école » spéciale de mathématiques en direction des musiciens et
autres non-mathématiciens.
Le principe en sera tout à fait singulier : il
s’agira de rendre compréhensible un concept central de la mathématique la plus
contemporaine à des non-spécialistes, en tentant de les mener au cœur de la
pensée mathématique la plus active, et sans économiser ni la spécificité de
l’écriture mathématique, ni une partie du labeur démonstratif (même si celui-ci
ne saurait être, dans le cadre d'une vulgarisation, de nature intégrale). Il ne
s’agira pas d’« appliquer » les mathématiques à la musique, que ce soit sous
une modalité technique et calculatoire ou sous une forme plus métaphorique. La
‘raisonance’ possible du concept mathématique avec
la musique ne sera pas au cœur de l’exposé lequel visera, simplement (si l’on
ose dire !), à transmettre le plus fidèlement possible, le contenu de pensée
investi dans le concept examiné (et, bien sûr, dans la théorie mathématique où
il prend place), sans négliger, tout au contraire, les aperçus historiques qui
peuvent permettre d'apprécier les problématiques au cœur desquelles se déploie
le concept présenté.
Yves André (Cnrs-Ens) a bien voulu accepter la
chaire de cette école.
Les concepts mathématiques envisagés sont -
entre autres - ceux d’adjonction, d’algèbre de
von Neumann, de motif et
d’opérade.
Ces séances seront trimestrielles. Chaque
séance devrait durer trois heures ;
Le calendrier est le suivant : 15h à 18h -
Ircam (salle Messiaen)
• 9 décembre
2006 : Aperçus sur les algèbres d'opérateurs
(algèbres de von Neumann)
• 24 mars
2007 : Les topos de Grothendieck
• 12 mai 2007 : Idées
galoisiennes (théorie de
l'ambiguïté)
Propositions pour les prochaines séances de l'école
de mathématiques pour musiciens et autres non-musiciens
0) Merci
tout d'abord à tous ceux qui ont pris soin de nous transmettre leur avis sur la
première séance. Ceci nous aide, et nous encourage.
1) Il
ressort des points de vue exprimés que tout le monde, même ceux qui ont peiné
lors de la première séance, souhaite une prolongation de l'expérience. C'est également notre souhait.
2) Il faut
repréciser que "école" ici ne veut pas
dire "cours" (et donc progression graduée selon un parcours univoque
en marches d'escalier). Il faut entendre ce projet ("d'un type
nouveau") comme visant une compréhension plutôt qu'une maîtrise de
savoirs.
3) Pour ceux
qui n'ont pas l'habitude d'entendre un exposé de mathématique contemporaine,
cette compréhension passe nécessairement par une phase de "choc", un peu comme un tel type de "choc" intervient pour
toute personne venant pour la première fois entendre un concert de musique
contemporaine. Il n'y a pas lieu de vouloir éviter un tel choc mais seulement
d'apprendre à le surmonter.
4) À ce
titre, une certaine dimension rétroactive (relevant
donc de l'après coup) nous semble de mise en matière de compréhension.
À cette fin,
il semble nécessaire d'instaurer plus de résonances entre les différents sujets
devant être traités lors des prochaines séances en sorte que, petit à petit,
les concepts mathématiques puissent s'éclairer les uns les autres, non plus de
manière déductive - dans l'ordre linéaire de leur exposition - mais
rétrospectivement, et selon un schéma concentrique.
5) Nous
proposons de reconfigurer les prochains thèmes en sorte de mettre en rapport
différentes approches mathématiques contemporaines de la notion d'espace. En effet, si la notion mathématique d'espace n'a pas été définie la
fois dernière, c'est pour une raison essentielle et non pas contingente: c'est
parce qu'il n'existe pas à proprement parler de définition mathématique de
l'espace en soi (pas plus d'ailleurs qu'il n'en existe de la symétrie en soi,
ou de la singularité en soi). À ce titre, la mathématique associe toujours au
mot "espace" une spécification ("espace topologique",
"espace mesuré", "espace vectoriel", etc.), laissant à
l'intuition de chacun le soin de donner un sens spécifique au mot
"espace" détaché de ses prédicats.
6) Si le
propos de l'école est bien de rendre compréhensibles certains concepts
mathématiques contemporains et centraux, ceux-ci seront choisis (du moins dans
un premier temps) sur le critère qu'ils condensent des points de vue
mathématiques sur des notions communes - i.
e. n'appartenant pas en propre à la mathématique
- telles qu'espace, symétries, temps, singularités, etc... Chacun
pourra alors confronter, s'il lui plaît, ces points de vue mathématiques aux
points de vue qui lui sont plus familiers - musicaux, architecturaux,
picturaux, ou philosophiques - sur ces notions communes.
En ce qui
concerne l'espace, il est loisible de penser que les deux points de vue
mathématiques les plus avancés et les plus profonds sont celui de la géométrie
non-commutative (A. Connes) et celui des topos (A. Grothendieck) - d'ailleurs
complémentaires l'un de l'autre.
Comprendre
mieux les enjeux des espaces non-commutatifs, la disparition des points et le
rôle structural des algèbres d'opérateurs (exposé précédent) pourra mieux se
réaliser rétroactivement si les prochaines séances de l'école traitent d'autres
visions de l'espace. Nous proposons à ce titre que la prochaine séance soit
consacrée à l'examen des topos de Grothendieck.
7) Nous
maintenons le principe d'absence de tout prérequis, mais ceci ne veut pas dire
qu'il faudrait négliger le rôle de la culture mathématique de chacun.
Si la
culture est bien ce qui vous reste quand vous avez tout oublié, la culture
mathématique mobilisée pour écouter et suivre un tel type d'exposé indique
alors votre capacité d'intuitionner et de représenter ce qui vous est présenté,
votre aptitude à supporter de perdre pied en faisant confiance à votre capacité
de renouer un peu plus loin au fil du discours.
Là encore,
l'analogie avec l'écoute de la musique est pertinente : écouter une œuvre n'est
pas la disséquer, suivre note à note et accord par accord son travail déductif
mais apprendre à se laisser guider par l'œuvre elle-même (et apprendre, cela
implique toujours, en un premier temps, un travail soustractif : se
désencombrer d'habitudes inadaptées).
8) Nous
sommes des pionniers au sens aussi où nous devons apprendre à donner à la
notion de malentendu un statut productif,
et pas seulement négatif.
Si la
présentation mathématique ordinaire vise à la levée de tout malentendu (par un
dispositif réglé d'écriture univoque rendant intégralement transmissible le
contenu de pensée), cette école ne saurait fonctionner sous cet ordre (qui est
tout aussi bien celui du "cours" de mathématiques mentionné plus
haut). Tentant de présenter des enjeux de pensée les plus actuels à des gens
étrangers à la mathématique active, cette école doit miser sur la productivité
et la dynamique d'un certain type de malentendu.
À ce titre,
qu'un concept mathématique présenté prête ici à une part de malentendu ne doit
pas être vu comme une faiblesse (ce que cela serait dans un simple cours) mais
plutôt comme un pari : le pari qu'une forme de résonance peut être mise en
œuvre entre jeu mathématique des concepts et représentation mentale chez celui
qui le découvre.
Bien sûr, ce
pari comporte également sa part de danger : celui que le malentendu (afférant
au fait que ce qui est présenté n'est pas maîtrisé par qui écoute) débouche sur
une mécompréhension ou un contre-sens. Mais il nous semble que le génie propre
de cette école implique de prendre ce risque pour en faire jouer la face
positive et dynamiser l'écoute spécifique de chacun - là encore, écouter un tel
type d'exposé est assez proche de l'écoute musicalement requise face à une
œuvre contemporaine -.
9)
Rendez-vous donc le samedi 24 mars 2007 pour
une nouvelle séance (consacrée aux topos de Grothendieck) au début de laquelle
Yves André reformulera les principes de notre projet.
Yves André
et François Nicolas
P.S. «Si
les gens ne croient pas que les mathématiques sont simples, c’est uniquement
parce qu’ils ne réalisent pas à quel point la vie est compliquée.» John von Neumann
2005-2006 : Questions de logiques
Si, pour les musiciens, « logique
musicale » se dit en différents sens (consistance autonome de la musique comme « monde » ou
« langage », dialectique spécifique du
discours musical, stratégie à l’œuvre…), si, pour
les mathématiciens, « logique » ne profile plus seulement une norme
pour leurs énoncés mais la dynamique même de leur travail d’énonciation (une
logique du processus mathématicien tout autant que du résultat mathématique),
peut-on activer aujourd’hui des raisonances entre
ces conceptions des logiques à l’œuvre ?
Comment faire jouer leur hétérophonie par-delà
tel ou tel projet plus spécifique de « mathématiser » la logique
musicale ou de « musicaliser » la logique mathématique ?
Calendrier :
1.
15 octobre 2005
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=878
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=879
2.
12 novembre 2005
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=945
3.
10 décembre 2005
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=946
4.
14 janvier 2006
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=947
5.
25 février 2006
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=727
6.
11 mars 2006
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=728
7.
29 avril 2006
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=730
8.
20 mai 2006
http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=731
2004-2005 : Les mathématiciens et la musique

Si
musique et mathématiques avèrent un long compagnonnage, depuis l'origine
commune des théories musicale et mathématique au VI° siècle av. J.-C. jusqu'à
l'époque la plus contemporaine, si penser la musique avec les mathématiques est
ainsi une longue histoire où interviennent tour à tour arithmétique (nombres)
et géométrie (figures), algèbre (écriture) et topologie (gestes), il convient
d'interroger l'état présent de ces rapports à partir des questions musicales
les plus actives.
Que
la philosophie pointe nécessairement son nez en ce croisement (comme en atteste
toute une généalogie, de Parménide et Platon jusqu'à Husserl et Lautman en
passant par Descartes et Leibniz) ne doit pas dispenser le musicien
d'interroger directement les mathématiques de son temps pour discerner ce qui
d'elles peut clarifier, catégoriser, profiler les enjeux présents et à venir de
son art.
Pour
cette première année, on partira des formes de conscience spécifiquement
mathématiciennes des rapports possibles entre musique et mathématiques.
Music
and Mathematics Seminar Thinking Music with Mathematics? Music and mathematics
have long been associated, and thinking about music in terms of mathematics via the use of
arithmetic, geometry, algebra, topology etc. goes back a long way. With this in mind, it's essential now,
to explore the present state of
this relationship based on today's important musical issues.

Samedi 19 février 2005
Ø
Charles Alunni : Transe disciplinaire
Ø
Moreno
Andreatta : Problèmes
musicaux et conjectures mathématiques. Essai d'une typologie 'mathémusicale'
À partir d'un rappel historique sur l'émergence des
structures algébriques en musique et musicologie du XXe siècle, on essayera de
montrer comment certains problèmes posés par la théorie de la musique,
l'analyse et la composition soulèvent des questions mathématiques susceptibles
d'intéresser à la fois l'historien des mathématiques et le 'working
mathematician'. En
particulier on s'attardera sur l'étude des quelques correspondances entre des
problèmes musicaux sur lesquels nous avons travaillé (autour par exemple de la
construction de canons rythmiques ou de pavages) et des conjectures
mathématiques (Minkowski, Steinhaus, Keller, Fuglede).
On essayera ainsi de montrer comment la musique peut parfois
alimenter l'activité mathématique et on donnera quelques éléments pour édifier
une typologie 'mathémusicale' que nous espérons pouvoir compléter et améliorer
tout au long de ce séminaire.
Ø
François Nicolas : Raisonance
musique / mathématiques : l’écriture en partage
On rappellera
d’abord brièvement différentes manières de rapporter les mathématiques à la
musique : on distinguera pour ce faire trois genres, sept espèces et dix
sous-espèces.
Parmi ces dernières, on exhaussera la fiction, ou logique du « comme si » : la pensée mathématique y dispense en
effet un éclairage rasant (et non pas frontal, comme dans les théories
mathématiques de la musique) susceptible de faire ressortir, dans un domaine
bien choisi, des aspérités et singularités musicales inaperçues par le regard
musicien artisanal.
On soutiendra
ensuite que, par-delà les rapports précédents, musique et mathématiques
entretiennent une affinité
élective, et ce pour deux
raisons :
• D’abord elles partagent un même souci logique, qu’elles déploient en deux problématiques
orthogonales. On comparera à ce titre le rôle joué par la démonstration dans la pensée mathématique à celui joué par
le développement dans la
pensée musicale.
• Ensuite, musique et mathématiques sont deux pensées « à
la lettre »,
intérieurement normées par leur propre dispositif d’écriture, ce qui constitue
une singularité absolue parmi les différents types de pensée.
On esquissera
alors le programme d’un penser l’écriture musicale à la lumière de
l’écriture mathématique.
On fera à ce titre l’hypothèse d’un double chiasme entre ces deux types d’écriture :
• l’écriture mathématique utilise une même lettre pour différentes opérations là où l’écriture musicale utilise différentes lettres pour une même opération (d’où une redondance singulière que
Rousseau proposera d’amender en arithmétisant le solfège…) ;
• la mathématique utilise différentes inscriptions pour une même chose là où la musique utilise la même inscription pour plusieurs choses (d’où les problématiques, proprement
musicales, de transposition,
d’arrangement et de transcription…).
Ainsi les lignes de partage lettre claire / lettre obscure s’avèreraient duales entre musique et mathématiques…
S’il est vrai
que tout ceci met en œuvre une dialectique du sensible et l’intelligible, on conclura sur l’intérêt d’associer la philosophie aux rapports musique-mathématiques en sorte de
réactiver le vieux nœud grec à trois, quand les raisonances musicales accompagnaient la naissance tant de
la philosophie (Parménide) que de la mathématique comme raison et plus simplement comme calcul (invention de la démonstration via la création
du raisonnement par l’absurde).
Ø
Charles Alunni : Moderato scriptile (Connexions
mathématiques-musique chez Heisenberg)
Samedi 12 mars 2005 :
Ø
Yves Hellegouarch : Esquisse d'une
étude comparée entre l'avènement de la perspective (en peinture) et de celui du
tempérament égal (en musique)
Enregistrement
« Diffusion des savoirs » : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=617
Ø
Michel Broué :
Un peu de théorie des groupes pour les tonalités musicales
Enregistrement
« Diffusion des savoirs » : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=618
Samedi 16 avril 2005
Ø
François Nicolas : Comment évaluer
musicalement les théories mathématiques de la musique ? L’exemple de la
théorie de Mazzola
On rappellera qu’une certaine mathématique joue un rôle
nécessaire dans l’intellectualité musicale. On distinguera à ce titre deux affinités
électives (partages d’écriture et de souci logique) et une raisonance privilégiée (le musicien
est à l’école de la mathématique en matière de théorisation) parmi les
différentes manières musiciennes de se mettre à l’écoute de la mathématique.
On interrogera alors la situation singulière où le musicien
est confronté à des théories mathématiques de la musique : comment évaluer musicalement de
telles théories, en particulier ces théories mathématiques qui formalisent des
théories musiciennes « naïves » ?
Même si, contrairement au désir proprement mathématicien, il
faut prendre acte que théories musiciennes et mathématiques ne commutent pas,
on soutiendra qu’une théorie mathématique de la musique peut stimuler le
musicien, entre autres par des extensions humoristiques et des intensions ironiques.
On examinera sous tous ces angles la théorie mathématique de
G. Mazzola — The Topos of Music —, tout spécialement ses théorisations du
contrepoint, de la modulation et du geste.
On conclura sur l’intérêt spécifique pour le musicien pensif
d’une singulière figure subjective de mathématicien (à la suite d’H. Poincaré
et H. Weyl…) qu’on proposera de nommer intellectualité mathématique.
Enregistrement
« Diffusion des savoirs » : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=642
Ø
Guerino Mazzola : Le rôle possible de la
logique musicale dans une certaine intellectualité mathématique
Il est vrai que le but du travail des mathématiciens est de
démontrer des théorèmes. Mais pour y arriver, le mathématicien doit parcourir
un chemin dans un paysage d’idées et de procès qui relèvent du domaine de
l’improvisation musicale plutôt que du mécanisme de la logique classique. La
fameuse parabole de Grothendieck dans « Récoltes et Semailles » en témoigne.
Symétriquement, faire ou composer de la musique est loin
d’être un jeu esthétique mais relève d’une logique complexe. Le point crucial
d’une telle logique est que le concept de vérité se réfère à ce qui est le cas.
Or, ce qui est le cas en musique pointe vers un jeu dialectique d’opérateurs
logiques. Loin de la situation classique, la logique musicale est liée à celle
des topoi.
La thèse de notre intervention sera que le procès créatif
mathématicien, dans la mesure où il s’avère de nature musicale, est un procès
de nature logique, précisément parce que la musique se fait dans une ambiance
de logique toposique. Nous conjecturerons que, sous cette perspective, la
démonstration de la vérité d’un énoncé peut être comprise comme passage à la
limite, en partant d’une série de logiques toposiques et convergeant dans la
logique classique.
Enregistrement
« Diffusion des savoirs » : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=643
Samedi 21 mai 2005
Ø
René Guitart : Le triple du sens : postures, différences et bougés.
La question du sens d'un discours n'est pas si différente de
celle du sens d'une interprétation de musique. Pour entendre cela, expliquerons-nous,
il faut y entendre le rôle de la vérité. Nous traiterons du sens des discours
en termes de postures, différences et bougés, trois points en effet de nature
musicale. Pour chaque point on verra comment une mise en œuvre mathématique de
son principe est possible. Et puis
on verra comment en fait, au plan mathématique, dans la perspective de la
théorie des catégories, les trois points sont intimement reliés.
Enregistrement
« Diffusion des savoirs » : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=720
Ø
Thierry Paul : Des sons et des
quantas
On se propose dans cet exposé de présenter diverses situations, issues
du formalisme quantique et de l’expérience musicale, qui semblent relever de
problématiques communes.
En particulier seront discutés, sans toutefois les théoriser, le
formalisme mathématique et la notation musicale, le rôle de l’aléatoire
dans les œuvres ouvertes et la mesure quantique, le phénomène temporel, et une
brève allusion à la reproduction de l’œuvre musicale interprétée, en regard
avec les idées de concept et énoncé en mathématiques.
Enregistrement
« Diffusion des savoirs » : http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=721
–––––––
Professeur invité (mars 2005) : Guerino Mazzola
Ce séminaire reprend, dans un nouveau contexte, un projet
engagé à l'Ircam dès l'année 2000 sous le nom de séminaire "Mamuphi".
Un première année de travail (2000-2001) s'est tenue à l'Ircam
(sous la direction conjointe de G. Assayag, G. Mazzola et F. Nicolas). Les
principales interventions de cette première année sont rappelées ci-dessous. Un
livre récollectant les actes de ce séminaire "mamuphi" est en cours
d'achèvement. Il sera disponible au printemps 2005.
Ce premier séminaire mamuphi s'est
prolongé de 2001 à 2004 à l'Ircam (sous la direction de M. Andreatta) selon un
principe un peu différent, sous le nom générique de mamuX. Les activités de mamuX sont présentées
sur le site de l'Ircam, en particulier à
l'adresse http://recherche.ircam.fr/equipes/repmus/mamux/
Année 2000-2001
En quel sens pensée musicale et pensée mathématique
sont-elles contemporaines ?
S'il ne s'agit pas seulement d'appliquer la seconde à la première, la philosophie est-elle requise pour que ces deux disciplines se
confrontent et dialoguent sur un pied d'égalité ? Quel rôle exact l'informatique joue-t-elle dans un tel rapprochement entre logiques différentes (scientifique et artistique) de pensée
?
Partant des points de rencontre comme des
points d'impasse entre mathématiques et musique, il s'agira de s'interroger sur
les conditions et les modalités
de ces croisements en sorte que la pensée musicale puisse approfondir son
interlocution avec la pensée mathématique d'aujourd'hui.
Sous la direction de Gérard Assayag, Guerino Mazzola et François
Nicolas
Samedi 7 octobre 2000
o François NICOLAS
(compositeur) : Musique,
mathématiques et philosophie: Que vient faire ici la philosophie?
o Gérard ASSAYAG (informaticien) : De
la calculabilité à l'implémentation musicale
Samedi 4 novembre 2000
o Guerino MAZZOLA (mathématicien) : Penser la musique
dans la logique fonctorielle des topoi
Samedi 2 décembre 2000 : Journée
d'étude autour d'Anatol VIERU (1926-1998)
de 10h à 18h :
o Dan Tudor VUZA (mathématicien) : Théorie modale et suites
périodiques dans la pensée compositionnelle d'Anatol Vieru
o Costin CAZABAN (compositeur) : Structure et expression
chez Anatol Vieru
o Carlos AGON et Moreno ANDREATTA (informaticiens) : Théories
algébriques et informatique musicale. Quelques exemples d'implémentation
Concert de clôture: oeuvres d'Anatol Vieru
Samedi 13 janvier 2001
o Tom JOHNSON (compositeur) : Objets
(mathématiques) trouvés
Samedi 3 février 2001
o René GUITART (mathématicien) : Modalités : Discours et
images. Musique?
o Compte rendu de la session philosophique de l'ENS (13
janvier, rue d'Ulm) sur Logique et philosophie.
Samedi 3 mars 2001
o Georges BLOCH (musicologue) : Lettre à Philippe
Lacoue-Labarthe
o Olivier LARTILLOT (informaticien) : L'analyse musicale
par la machine (ou la problématique de l'induction sous l'angle de la théorie
des modèles et des probabilités)
Samedi 7 avril 2001
o
Thomas NOLL et Andreas NESTKE (mathématicien) : Enharmonicity as a Key to a
Cognitive Dynamics of Music
o Stephane SCHAUB (informaticien) : Sur
le lien mathématiques-musique chez Xenakis
Samedi 5 mai 2001
Bilan du séminaire par
École
mamuphi de musique, pour philosophes et autres
non-musiciens :
Les
enjeux (généalogiques, archéologiques et esthétiques) d’une œuvre musicale
Le projet est d’introduire les auditeurs
(en particulier ceux qui ignorent le solfège) aux enjeux musicaux d’une œuvre.
Si les enjeux musicaux d’une œuvre se
donnent dans la dialectique interprétative d’une écoute et d’une lecture de la
partition, le défi de cette école est alors d’ouvrir un accès à la partition
d’une œuvre pour qui ne sait la lire (sans pour autant transformer bien sûr
l’école en classe de solfège).
Chaque leçon s’attachera à une œuvre pour
en dégager les enjeux musicaux contemporains (s’entend : pour un
aujourd’hui musicien de la création musicale).
Les enjeux seront dépliés selon un triple
point de vue :
généalogique : avec quelles œuvres musicales cette œuvre dialogue-t-elle ?
archéologique : comment cette œuvre rétroagit-elle sur l’état du monde de la musique
dans lequel elle s’enracine ?
esthétique : de quelle époque de pensée cette œuvre musicale se veut-elle
contemporaine ?
Chaque œuvre sera présentée par un
musicien qui s’attachera à détailler pour quiconque sa partition, ses
interprétations significatives et une écoute possible.
François
Nicolas : Théoriser l’engendrement d’une aura poétique par l’œuvre
musicale mixte à la lumière mathématique du forçage (P. J. Cohen) d’une extension générique
On partira de deux hypothèses.
1) La première est de fond : les œuvres
musicales mixtes (celles qui mettent en œuvre deux déroulements temporels
synchronisés : texte, danse, film, action scénique…) peuvent engendrer une
aura poétique, qui constitue une sorte d’extension enveloppant l’œuvre de
départ - cette hypothèse est suggérée par la théorie wagnérienne du drame (Opéra
et Drame, 1850) qui prône une musique poétiquement
fécondée.
2) Comment théoriser expérimentalement la
constitution musicale d’une telle « aura poétique » ? C’est là
qu’intervient notre seconde hypothèse, cette fois de méthode : éclairer
une telle théorisation par la mathématique des extensions, plus précisément du
forçage (forcing) d’extensions génériques (P. J.
Cohen).
Ceci engage un programme de travail mamuphi 2009-2010 : l’exposé (qui, au demeurant, ne supposera nulle
compréhension préalable de la mathématique du forcing – on présentera
liminairement sa dynamique générale) sera donc problématisant plutôt qu’il
n’offrira un fascicule de résultats (voir, en annexe, le fascicule de résultats
pour le programme 2008-2009).
Les principales idées qui vont guider cette
théorisation musicienne à la lumière des mathématiques sont les suivantes :
1.
Une œuvre musicale mixte compose des
interactions entre flux temporels synchrones.
2.
Ces interactions seront formalisées comme
interférences entre différents types de segmentation (segmentation proprement
musicale, segmentation littéraire ou chorégraphique…).
3.
Dans une œuvre musicale mixte, c’est la
musique qui dirige ces interactions, ce qui implique une violence musicale
exercée sur le flux hétérogène que l’œuvre accueille et épouse.
4.
La composition proprement musicale d’une
extension auratique mobilise la « convolution » de deux opérations
inverses : une « modulation » de la segmentation musicale par la
segmentation hétérogène, puis une « rétroaction » de la segmentation
musicale ainsi modulée sur le flux hétérogène.
5.
Dans la première opération –
« modulation » -, la musique fait violence au flux hétérogène en
déposant son inspect propre (tout en captant son aspect et épousant son intension). Dans la
seconde opération – « rétroaction » -, la musique fait violence au
flux hétérogène en le remodelant selon un inspect
musical importé, non natif.
6.
Au total, l’œuvre musicale mixte sera
ainsi ressentie comme étendue (dotée d’une aura), la pointe de la théorisation,
guidée par la problématique mathématique du forcing, étant alors d’examiner de
quelle manière il est possible de contrôler, de l’intérieur même de la
musique (compositionnellement donc), une telle extension
auratique non musicale (tout de même que la mathématique contrôle une extension
algébrique du corps des rationnels ℚ de l’intérieur même de l’espace des polynômes
à coefficients dans ℚ et tout de même que le forcing contrôle
l’extension M[G] de l’intérieur même de l’espace de départ M).
Annexes
Documentation mathématique sur le forcing
des extensions génériques (Paul J. Cohen)
·
Thomas Jech : What is forcing ?
www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/Jech.pdf
·
Timothy Y. Chow :
o
Forcing for
dummies
www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/Dummies.pdf
o
A beginner’s
guide to forcing
www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/Chow.pdf
·
Patrick Dehornoy : La méthode du
forcing
www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/Dehornoy.pdf
Fascicule de résultats du programme de
travail (2008-2009) sur la théorie des faisceaux
·
Objets :
l’objet musical (le morceau de musique) est un faisceau.
B.VIII :
www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/B.VIII.pdf
·
Relations : mais les plus musicales des relations entre ces objets (leurs
influences réciproques) ne sont pas des morphismes (de faisceaux).
B.IX : www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/B.IX.pdf
·
Topos : au
total, le monde-Musique (fait de ces objets et de
leurs relations c’est-à-dire des morceaux de musique et de leurs influences
musicales) n’est donc pas un topos de faisceaux.
B.X : www.entretemps.asso.fr/Nicolas/2009.2010/mamuphi/B.X.pdf
Logics and Music Theory appear in different classifications of the
medieval academic curriculum. Logic is part of the trivium (among grammar and
rhetoric, while music theory is listed among the more mathematical disciplines:
arithmetic, geometry and astronomy). Logics as the study of reasoning underwent
a tremendous transformation through a process of formalization and
mathematization. Music Theory opened its scope to many non-mathematical aspects
(in particular those, traditionally covered by the disciplines of the trivium).
This "contrary motion" of research interest offers several meetings
points for Logics and Music Theory. One particularly interesting 19th century
meeting point shall be the starting point for my talk which then proceeds into
20th century Logics and Mathematical Music Theory.
Moritz Hauptmann (1953) in his treatise "Die Natur der Harmonik und
der Metrik: Zur Theorie der Musik" presented some ideas which mark a
radical position in the context of this MaMuPhi session. Hauptmann interprets
music first of all as a manifestation of human thought. While assuming general
dialectical principles behind the activity of human thought he claims that
musical mistakes are logical mistakes. According to Hauptmann the unity of a
tonality (Tonart) is the result of a dialectical triad. Inspired by the idea to
literally interpret the musical triad as a dialectical triad, he loads the names
of the intervals octave, fifth and third with the corresponding dialectical
meanings. A tonality is a kind of hypertriad, i.e. constituted by three musical
triads. Their contiguity via common tones is the source for the Quintbegriff of
the tonality, a diremption as the result of conflicting tone meanings. The
mediating and unifying Terzbegriff is based on a change of perspective: the
state of the tonic triad of being a dominant (relative to the subdominant
triad) is turned into the state of having a dominant (relative to the dominant
triad).
Hugo Riemann's (1872 and 1874) "Musikalische Logik" is
inspired by Hauptmann's ideas. Riemann elaborates upon the explanatory power of
this dialectical paradigm for the constitution of typical cadences. I will show
some traces of the intellectual squeeze on Riemann when he tries to bring both
sides together: the dialectical explanation and music-theoretical facts. [Being
in Paris I cannot refrain from re-addressing Riemann's problem with a side
glance to the semiotic square].
Riemann's "Musikalische Logik" and "Musikalische
Syntaxis" inspired the recent Neo-Riemannian approaches by David Lewin,
Richard Cohn, Clifton Callender, Jay Hook, Tom Fiore and Ramon Satyendra and
several others. But these left the original dialectical motivations behind. Yet
the transformational approaches of David Lewin and Guerino Mazzola offer new
ways to tie up with H. Riemann's orphaned project of a "musical
logic". My 2004 article "The Topos of Triads" is an attempt in this
direction. [In my MaMuX-talk (friday december 4) I will clarify the close
mathematical links between these investigations on the one hand and the
american Neo-Riemannian tradition on the other]. The locial component which
enters music theory here, is the internal logical semantics of a topos, even
though in a rudimentary way. I will explain and illustrate this in my talk.
Cet
exposé est divisé en deux parties. Dans la première partie, on discutera le
caractère à la fois algébrique et géométrique des approches transformationnelles
en musique [Lewin 1987/2007] en séparant la composante proprement théorique des
applications analytiques. Dans la deuxième partie, à partir d’une
généralisation catégorielle de certaines constructions transformationnelles
[Mazzola & Andreatta 2006], on
essaiera de donner quelques éléments en vue d’une interprétation philosophique
des approches transformationnelles. Bien qu’ayant des rapports étroits avec le
positivisme logique [Andreatta 2006], nous proposons une nouvelle lecture
philosophique de l’approche transformationnelle visant à élargir les catégories
structurales appliquées traditionnellement à la musique more linguistico afin de mettre
en lumière des nouveaux enjeux philosophiques relevant du rapport entre structuralisme
et phénoménologie [Boi et al. 2007]. Après une brève digression sur la
place de la logique dans les approches set-théoriques et transformationnelles
[Kolman 1999], on conclura en présentant une démarche récente autour du projet
d’une géométrisation de l’analyse musicale basée sur la théorie des orbifolds [Tymoczko
2006 ; Callender et al. 2008] et dépassant, selon l’un des auteurs,
certaines limitations de l’approche transformationnelle de David Lewin
[Tymoczko 2010].
Références bibliographiques :
·
[Lewin 1987/2007] D. Lewin, Generalized
Musical Intervals and Transformations, Yale University
Press (réédition Oxford University Press, 2007).
·
[Kolman 1999] O. Kolman,
« Generalized interval systems: an application of logic », Orbis
Musicae, Rethinking Interpretative Traditions in Musicology, Conference
Proceedings, Tel Aviv University, 67-73.
· [Andreatta 2006] M. Andreatta, « Mathématiques, musique et
philosophie dans la tradition américaine : la filiation Babbitt/Lewin »,
intervention au séminaire MaMuPhi du 18 novembre 2006
[http://www.diffusion.ens.fr/index.php?res=conf&idconf=1560].
· [Mazzola/Andreatta 2006] G. Mazzola, M. Andreatta, « From a
Categorical Point of View :
·
K-nets as Limit Denotators », Perspectives
of New Music, 44(2).
·
[Tymoczko 2006] D. Tymoczko, « The
Geometry of Musical Chords », Science 313, p.
72-74.
·
[Boi et al. 2007]
L. Boi, P. Kerszberg, F. Patras (éd.), Rediscovering Phenomenology.
Phenomenological Essays on Mathematical Beings, Physical Reality, Perception
and Consciusness, Springer.
·
[Callender et al. 2008] C. Callender, I. Quinn, D. Tymoczko, « Generalized
Voice-Leading Spaces », Science 320, p.
346-348.
·
[Tymoczko 2010] D. Tymoczko,
« Generalizing Musical Intervals », à paraître dans Journal of
Music Theory
La modélisation mathématique, par exemple en musique, est basée sur des
"structures algébriques" déterminées en général par des lois de
compositions binaires. Est-ce naturelle ? Est-ce simple ? En fait il est
parfois mieux d'utiliser des lois de compositions ternaires.
Il arrive alors que les axiomes soient
plus naturels, les calculs plus
simples. En fait si ce que l'on modélise est rythmé par 3, si les objets s'y
disposent spontanément par 3, alors présenter la situation par un système
binaire reste artificiel. C'est comme cette conception malheureuse de Jean
Dieudonné qui rejetait les espaces affines au profit des espaces vectoriels ;
au prix de l'artifice de fixer une origine dans l'espace, alors que celui-ci
est pourtant sans origine. La réduction du 3 au 2 dépend de façon analogue de
systèmes de choix artificiels d'origines. C'est possible, cela permet un
développement analytique plus élémentaire mais parfois plus aveugle, mais il ne
faut pas alors oublié ensuite d'analyser les effets de ces choix, ce qui, en
réalité relève d'une petite analyse cohomologique (disons d'effets de
torseurs). On gagne par exemple à examiner comme ternaire la loi sur une
cubique. Au passage on réexaminera l'idée d'objet borroméen, et le groupe de
Klein $G_{168}$ sera revue à l'aide d'une loi ternaire. En fait je montrerai
comment en général la représentation du ternaire dans le binaire est possible,
à travers notamment un théorème de Post
un théorème de Gluskin-Hoszu,
un théorème de Tamari-Ginsburg, et enfin un théorème de représentation par
semi-anneaux. Le résultat est donc, pour les musiciens, qu'ils pourront dès
lors commencer certains modèles au niveau de leur naturel ternaire, pour
ensuite seulement, si nécessaire pour l'analyse, réduire automatiquement au
binaire. Cette démarche peut sembler préférable à celle où d'emblée le
modélisateur essaie directement d'utiliser les outils binaires connus à
disposition, même si en fait ceux-ci ne s'adaptent que mal, suivant des
contorsions difficiles. et incontrôlées.
1. Du binaire au ternaire pour
élargir l'espace
Suivant la Chromodynamique quantique,
l'antinomie Noir – Blanc peut s'ouvrir à une nouvelle dimension en passant à la
couleur (RVB). On peut donner à celle-ci un sens général qui concerne, non
l'œuvre en elle-même, mais le rapport à l'œuvre. Alors Vert dénote le devenir,
l'évolution; Bleu : la variance, la latéralité; Rouge : la fondation, le type,
l'inscription transverse. Ces nuances se lisent en mathématiques, sur les
schémas et sur les textes.
2. Du ternaire au binaire pour intégrer
le mouvement
Comme l'ont noté Bailly & Longo, la
science décrit des transformations entre deux états supposés définis.Pour
intégrer le mouvement dans la pensée (Bergson), il est utile de passer à la
tendance ou force. La perception (sans sujet ni objet) se modélise par une
spire = une boucle ouverte sans extrémités définies. L'objet se définit alors
comme l'invariant dans un cône (selon la démarche de Kant).
3. Du binaire au ternaire pour poser
La perception (binaire) est une
interface, une visée. Elle se projette sur des objets se définissant (action
modélisée par une boucle), l'autre pôle de cette interface –l'expectative de la
visée - est une valeur, question ou grandeur, notions regroupées sous le terme pôle
-archétype. Ces pôles jouent différemment dans la
négation et suivent un mouvement de pulsation.
Ainsi se dessine un ternaire entre
action, perception et pôle, mais ce ternaire concerne trois ordres de choses
différents et non plus une transformation.
Dorothea
Graumann, Baronne von Ertmann, est une des pianistes les plus talentueuses au
début du XIXème siècle. Elle connut Beethoven au début de sa carrière, se
passionna pour sa musique et, selon les mots du compositeur, elle fut capable
de l’interpréter comme «la vraie tutrice des créatures de mon esprit» (cité par Walter Riezler, Beethoven).
Quand, en 1831, Felix Mendelssohn lui rendit visite à Milan, ils passèrent
plusieurs heures ensemble à évoquer la musique de Beethoven. Mendelssohn fut
frappé par la narration d’un épisode remontant à vingt ans auparavant. À la
suite du deuil infligé par la mort du plus jeune de ses fils, la Baronne avait
renoncé à la vie mondaine, et Beethoven lui-même, en craignant de la troubler,
avait évité de la voir. Il attendit le retour à la vie et à la musique de son amie,
et quand elle se rendit chez lui, il s’assit au piano et murmura une seule
phrase : «on va parler par la musique». Il joua
durant plus d’une heure et il lui laissa une impression inoubliable, une
impression qu’elle expliqua à Mendelssohn avec ces mots: «Il me dit tout, et
enfin il me donna réconfort» (l’épisode est relaté par
Alexander Thayer, Life of Beethoven ).
L’idée que la
musique instrumentale puisse exprimer un langage universel, plus profond et
précis que la parole, fut élaborée par les philosophes et les musiciens pendant
la première moitié du XIXème siècle. En suivant Haydn et Mozart, Beethoven
donna à la musique une capacité expressive inconnue auparavant. Le sujet de
l’indépendance de la musique de par rapport à l’expression verbale, que Carl
Dahlhaus a brillamment défini «musique absolue»,
manifeste le changement profond de la notion de musique au XIXème siècle par
rapport à l’époque précédente. Cette notion est devenue une part essentielle de
notre culture sous le nom d’"esthétique musicale romantique". Elle fut développée par des écrivains romantiques allemands –
Ludwig Tiek, Wilhelm Heinrich Wackenroder, E.T.A. Hoffmann entre autres – et
par des philosophes à l’âge romantique, notamment par Schopenhauer et Hegel.
La question qui se pose est celle de
l’adjectif "romantique". Hoffmann célébra
comme "romantique" la musique des grands
maîtres du style classique, Haydn, Mozart et Beethoven. Hegel et Schopenhauer
proposèrent la notion de "musique absolue"
en glorifiant Rossini. Nous essayons d’aborder cette question en examinant les
relations entre philosophie, sciences et musique dans les premiers décennies du
19ème siècle.
·
S’il est vrai que l’intellectualité
mathématique trouve son impulsion réflexive dans le geste d’Évariste Galois
(1833) décidant que les mathématiques doivent « sauter à pieds joints
par-dessus les calculs » pour mieux déployer la
puissance formelle de leurs concepts, s’il est vrai que depuis lors se dessine
une polarisation du champ mathématique entre d’un côté ce qu’Alain Connes
appelle « mathématiques fondamentales »
et de l’autre ce que le (néo)positivisme appelle « mathématiques pour
la modélisation », comment tout ceci
concerne-t-il cette intellectualité musicale mamuphi qui se soucie des raisonances
musique-mathématiques ?
·
S’il est vrai que les rapports
musique-mathématiques ne sauraient être entièrement réfléchis de l’intérieur de
la musique ni de l’intérieur des mathématiques - l’autonomie de pensée de la
mathématique n’est pas intelligible de l’intérieur de la musique, et vice versa
-, s’il est vrai qu’il faut donc convoquer la philosophie pour s’orienter dans
ces rapports, comment la réactivation actuelle du structuralisme conçu comme
mouvement philosophique déployé contre le positivisme (et non comme
épistémologie des sciences humaines) peut-elle éclairer les débats mamuphi en cours ?
·
S’il est vrai que l’entreprise
structuraliste constitue une nouvelle donne en matière de théoricité, où s’affrontent deux modes de théorisation – d’un côté des pratiques
théoriques, conjoncturellement situées et
subjectivement orientées comme interventions stratégiques s’épuisant dans leurs
effets ; de l’autre des théories objectivement
applicables, outils venant se déposer et s’ajouter à l’encyclopédie des savoirs
-, de quelle manière cette ligne de partage éclaire-t-elle les différentes
manières de théoriser la musique à la lumière des mathématiques et à l’ombre de la philosophie ?
Sur la base de réponses à ces trois
questionnements, on essaiera de clarifier ce qu’il en est de possibles connivences
entre intellectualités mathématiques attachées aux « mathématiques
fondamentales » (tout particulièrement celle de Grothendieck) et
intellectualités musicales attachées à des pratiques théoriques mathématiquement éclairées et s’inscrivant ainsi dans la droite ligne
de cette déclaration, contemporaine de la fondation ramiste de
l’intellectualité musicale : « Ce n'est que par le secours des
Mathématiques que mes idées se sont débrouillées. »
(Rameau).
On exposera à ce titre un programme de travail
visant à éclairer le monde de la musique par les concepts mathématiques de
faisceaux et de topos (Grothendieck / Lawvere). On l’initiera en formalisant
mathématiquement l’idée suivante : une œuvre musicale est un faisceau
d’interprétations, le faisceau des interprétations d’une partition donnée. Ceci
ouvrira à une formalisation possible du monde de la musique comme topos
d’œuvres.
[9] Les productions des langues naturelles se présentent comme des
concaténations d'éléments. On peut traduire mathématiquement la concaténation
par la loi de composition d'un monoïde.
Mais toute suite
de mots ne constitue pas une phrase ; il faut une structure syntaxique. De
telles structures constituent les morphismes d'une catégorie monoïdale.
Les théories interprétatives, comme la phonologie ou la sémantique
introduisent des filtres additionnels, qu'il paraît convenable de prendre en
compte au moyen d'une topologie convenable. Une théorie interprétative est
alors représentée par un faisceau sur un site convenable.
[10] Nous demanderons à un article devenu célèbre
de M.Kac (Can one hear the shape of a drum?) de nous servir de prétexte pour une promenade à travers
des phénomènes et des questions
mathématiques et physiques qui sont parmi celles qui ont marqué le
vingtième siècle.
Sans forcer le pas ni le trait, on peut rencontrer ainsi entre autres
les systèmes dynamiques sous la forme des billards et des flots géodésiques,
partant la distinction cruciale entre elliptique et hyperbolique, la
quantification et la correspondance entre flots géodésiques et analyse
harmonique, la question de départ qui est celle de l'isospectralité possible -
et de fait réalisée - entre des variétés riemanniennes, la formule des traces
de Selberg qui réalise en quelque sorte la correspondance entre les théories
classique et quantique dans les cas favorables, l'hypothèse de Riemann, la
question du `chaos quantique' qui reste
passablement mystérieuse, l'importance des orbites périodiques dans ce
contexte, comme aussi l'énigme du
rayonnement du corps noir qui est à la source de l'introduction (toujours
mystérieuse elle aussi) de la
quantification, etc.
Ajoutons tout de même qu'il s'agit bien aussi d'écouter une certaine
musique, comme le marquent et la question de départ et la biennommée analyse
harmonique.
Ce qui précède est presque à dessein décousu sinon incompréhensible. Car
s'il ne sera pas directement question de philosophie, il s'agit pourtant
d'illustrer sur le terrain un point aussi important que simple, à savoir que
les mathématiciens se promènent au jour le jour dans une forêt de phénomènes
lentement mis au jour, et qui rappellent fortement ceux que la physique
s'efforce (en principe, car ce n'est plus toujours aujourd'hui si évident) de
démêler. Et pour cause, puisque ce sont parfois les mêmes - et parfois non.
Ces phénomènes sont `simples' par leur universalité même et s'ils
illustrent amplement la fameuse phrase de Galilée sur la nature écrite en
langage mathématique, celle-ci se laisse aussi bien lire à l'envers, comme une
naturalisation des mathématiques, ce qu'explorent quelquefois aussi les
sciences cognitives (sans qu'il
soit forcement besoin de trouver là un `nouveau paradigme').
On pourra en dernière instance poser alors quelques questions, comme
celle de tenir ensemble `philosophiquement' cette résistance de l'objet mathématique souvent très
incomplètement exploré, souvent presque inaccessible, et la construction de ce
que les mathématiciens appellent `les grandes machines', qui abordent d'autre manière
le même réel mathématique (car chacun sait que les mathématiciens sont
`naïvement' platoniciens, i.e. d'une naïveté que la pratique s'est chargée de
leur enseigner).
[11] En guise de commentaire sur les systèmes évolutifs à mémoire
d'Ehresmann-Vanbremeersch (dont nous rappellerons ce qui nous sera utile), nous
voulons proposer une manière catégoricienne de modéliser mathématiquement
l'émergence d'objets radicalement nouveaux.
Ce que nous proposons est un mécanisme
de mise en scène de l'émergence basé sur la construction de différentielles
abstraites dont la non-trivialité sur un objet exprime que cet objet est
différent de sa constitution, qu'il est nouveau par rapport à ses composants,
ou, pour dire la chose de façon plus contractée et souligner le paradoxal de
l'enjeu, qu'il diffère de lui-même.
Cet outil nous paraît utile pour aborder
la question du sens d'un discours considéré comme émergent du discours (et non
pas comme simplement un composé grammatical de significations élémentaires) ou
aussi bien pour présenter d'autres enjeux d'émergence, en musique par exemple.
[12] Intuitivement, une fonction f:R→R est continue en un point
a lorsqu'une variation infinitésimale de x au voisinage de a provoque
une variation infinitésimale de f(x) au voisinage de f(a).
L'approche
que F.W. Lawvere et A. Kock ont donnée de la notion d'infiniment
petit est la suivante.
Si x est petit, x2
est encore plus petit. Si x est très, très petit, x2 devient
vraiment minuscule. Appelons donc "infiniment petit" un nombre x
tel que x2=0.
L'idée provient
de la "théorie des jets" due à Ehresmann.
Considérons
toutes les fonctions passant par un point du plan, que rien ne nous
empêche de prendre comme origine: donc f(0)=0.
Avoir la même
tangente à l'origine est une relation d'équivalence: une classe
d'équivalence s'appelle un "jet". Le propre d'un tel jet est que
si on l'élève au carré, on trouve le jet nul (la classe d'une fonction à
tangente horizontale).
Divers auteurs
ont prouvé qu'en travaillant dans des topos ad hoc, on peut construire des
anneaux R admettant des éléments de carré nul, que l'on peut penser comme
étant les infiniment petits et grâce auxquels on peut développer la
géométrie différentielle.
Et de bons
théorèmes de plongement prouvent que tout théorème démontré grâce à cette
approche intuitive des infiniment petits est un théorème valide en
géométrie différentielle classique.
[13] Nous soutiendrons ceci : la
modélisation mathématique qualitative n’a pas à choisir entre l'approche
logicienne et l'approche géométrique, puisqu'au point de vue diagrammatique ces
méthodes s'identifient l'une à l'autre. Nous rapprocherons précisément la démarche
« logicienne » par spécification de formules modales, et la démarche « homologicienne »,
par spécification de conditions sur la courbure ou l’homologie. Cela sera
exposé de deux façons liées, d'abord en termes de conditions différentielles
générales et puis en termes d’homologie générale.
La première partie reprendra l'unification par le calcul des
assimilations qui permet de
comprendre l’écriture de conditions différentielles générales, incluant les conditions de modalités spéculatives
et les conditions de courbure. Question du réglage direct de comment les
discours changent, de comment les figures changent.
La deuxième partie affirmera encore que d’un point de vue suffisamment
éloigné la logique comme question des quantifications et modalités discursives
et la cohomologie comme théorie du calcul qualitatif de la courbure et des
déformations, se rejoignent ; et cette fois pour le voir il sera fourni une
définition générale du concept d'homologie dont dérive aussi bien les techniques de logique
intuitionniste que les techniques d'algèbre homologique abélienne classique. On
est alors dans une problématique plus vaste que dans la première partie,
puisqu'il s'agit non plus d'un simple réglage du changement, mais de l'analyse
de la forme même des changements, des changements de changements, etc.
Références :
1) Images
et modalités, Résumé d'une
conférence au SIC à Amiens, le samedi 10 novembre 2001, 2 p.
2) Calcul d’assimilations, modalités et analyse d’images, in Calculs
et formes, Ellipses, 2003 (Actes
du Colloque « Mathématiques : calculs et formes », Université
Toulouse Le Mirail, septembre 2000), 175-189.
3) An
anabelian definition of abelian homology, CTGDC XXXXVIII, 4, 2007, 261-269.
[14] Mon intervention sera centrée autour des implications de la
formalisation mathématique dans deux démarches de compositeurs de la seconde
moitié du XXe siècle : Milton Babbitt (1916) et Iannis Xenakis
(1922-2001). Le terme d’« implication » sera ici entendu selon les
deux sens qui lui sont généralement attribués. Il s’agira en effet, à partir
d’exemples précis, de cerner les modalités « opératoires » de la
formalisation chez ces deux compositeurs, la manière avec elle est, donc, impliquée dans les processus compositionnels. Dans un second temps, on
s’interrogera sur les implications, dans le sens
logique cette fois-ci, que nos observations pourrait avoir sur l’interprétation
analytique des œuvres concernées, et sur celle des démarches plus générales de
ces compositeurs.
[15] La notion d’échelle temporelle est fondamentale en musique, depuis le
timbre jusqu’à la forme, en passant par la note et le rythme. La composition
musicale utilise ces différentes échelles, les mélange (parfois) et utilise ce
matériau avec une logique propre, et des contraintes spécifiques.
On se demandera si une telle
problématique est relevante en mathématiques et si elle peut produire des zones
de « friction’ » avec la musique.
En partant de quelques exemples où des
objets mathématiques émergent à partir de structures à très petite échelle, ou,
inversement, certaines échelles sont gommées afin d’exhiber des
structures intéressantes, on essaiera de noter quelques
ressemblances/différences avec l’utilisation multi-échelle du temps dans
l’activité musicale.
[16] On commencera par une présentation des idées fondamentales de
linéarisation et de représentation en mathématique, avant d'esquisser la
théorie des représentations linéaires des groupes, initiée (dans le cas des
groupes finis) par Frobenius à la fin du XIXème siècle. Un acteur majeur fut
H. Weyl qui, en liaison avec ses travaux sur les fondements de la
mécanique quantique, fit la jonction inattendue avec l'analyse harmonique de
Fourier et créa l'analyse harmonique non-commutative.
Le rêve de Burnside de mettre à profit
l'impressionnante effectivité de la théorie des représentations linéaires pour
classifier tous les groupes finis simples s'est finalement réalisé au bout d'un
siècle. Entre-temps, cette théorie avait permis à Killing et Cartan de
classifier tous les groupes infinis "continus" simples. Nous
terminerons en expliquant comment le problème général de classification des
représentations linéaires mène à une trichotomie (fini, modéré, sauvage), et comment l'indécidabilité surgit au cœur de situations extrêmement
concrètes et apparemment élémentaires.
Références:
J. P. Serre, Représentations
linéaires des groupes finis, Hermann.
G. Mackey, The Scope and History of
commutative and noncommutative Harmonic Analysis,
History of Mathematics, vol. 5, AMS/LMS.
L'acception la plus courante du terme
"singularité" en mathématique est celle qui s'oppose à
"lissité": il s'agit du lieu - grain, pli, fronce, etc..
- où le principe général de linéarisation tombe en défaut.
Au cours d'une présentation phénoménologique
des singularités et bifurcations (comment elles apparaissent, se déploient,
disparaissent - en laissant des traces...), nous nous attacherons à illustrer
deux "thèses" qui se dégagent de la théorie foisonnante des
singularités:
1) un peu à la manière de Platon dans le Timée, cette théorie jette un pont (très subtil) entre le monde continu
et le monde discret;
2) comme disait P. Montel (en exagérant
volontairement), "les fonctions sont, comme les êtres vivants, caractérisées
par leurs singularités".
Bibliographie :
-
V. Arnold: Catastrophe theory, Springer
-
(images) pages web d'Innsbruck (H. Hauser
et al.):
http://www1-c703.uibk.ac.at/mathematik/project/bildergalerie/gallery.html
http://www1-c703.uibk.ac.at/mathematik/project/animationenvonflaechen/start.html