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Professeur invité à l’Ens
Guerino Mazzola
(mars 2005)
Cours de musicologie
(salle S. Weil)
Mardi 8 mars (10h-12h30 / 14h30-17h) : Composition & Analyse
(op. 106 de Ludwig van Beethoven)
Mardi 15 mars (10h-12h30) : Contrepoint
(Johann Joseph Fux)
Mardi 22 mars (10h-12h30 / 14h30-17h) : Interprétation
(L’Art de la Fugue de Jean-Sébastien Bach)
Mardi 29 mars (10h-12h30 / 14h30-17h): Gestes
(Carl Czerny)
Leçons de mathématiques
(DMA)
Mercredi 9 mars (16h30-17h30, salle H. Cartan) :
Mardi 15 mars (14h-15h, salle W) :
Concert
(salle des Actes)
Jeudi 31 mars, 20h
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· On envisagera le problème de la modulation et du travail motivique dans le premier mouvement de la sonate op.106 Hammerklavier de Ludwig van Beethoven, problème soulevé par Erwin Ratz et Jürgen Uhde dans leur hypothèse d’une polarité monde (® si bémol majeur) / antimonde (® si mineur).
· Le modèle mathématique de la modulation tonale que nous présenterons expliquera chaque modulation, «normale» ou «pathologique», du premier mouvement de cette sonate et enrichira ainsi les connaissances musicologiques dont disposaient Ratz et Uhde.
· On en déduira une modélisation de la variété constituée par les motifs de cette sonate.
· Ce modèle, par sa généricité, introduira au nouveau problème d’une variété des contextes tonaux et modulants (autres gammes, autres cultures, autres concepts de degré et de fonction harmonique) dans laquelle la modulation au sens usuel occupera alors une place particulière.
· Ce modèle sera testé par une «(re)synthèse» expérimentale conduisant à une nouvelle sonate : l’op.3 (L’essence du bleu) de Guerino Mazzola.
· La discussion d’une telle méthode expérimentale en musicologie conduira à nous interroger sur l’intérêt spécifique des analyses pour la composition musicale.
Johann Joseph Fux 
· Enjeu : déduire les règles du contrepoint classique (telles que fixées dans le Gradus ad Parnassum de Johann Joseph Fux) de la structure des consonances et dissonances. Ceci constitue bien un problème puisque, contrairement aux théories acoustiques, la quarte est une dissonance dans le contrepoint «note contre note». Il s’agit donc de dégager une structure des consonances et des dissonances contrapuntiques qui résolve ce problème tout en rendant compte de l’interdiction des quintes consécutives.
· On présentera pour cela un modèle géométrique de l’espace des intervalles, dont les symétries sont des isométries dans la métrique des tierces. Les intervalles consonants y sont séparés des intervalles dissonants par des caractéristiques géométriques singulières faisant intervenir la symétrie d’autocomplémentarité.
· La solution du problème suivra une méthode qu’on appellera «dévissage de l’identité», méthode analogue à celle qui, en physique théorique, relie des forces (de tension, par exemple) à des symétries locales.
· Cette solution nous fournira une liste complète des successions possibles, identique à la liste du contrepoint classique. En particulier, les quintes parallèles y seront bien strictement interdites.
· Ce modèle immerge alors la dichotomie des consonances et dissonances dans un total de six dichotomies aux propriétés également symétriques. Dans cette variété, on reconnaîtra l’expression d’un principe anthropique, dont l’énoncé depuis Leibniz serait que nous vivons bien dans le meilleur des mondes possibles. On confrontera cette hypothèse à l’image d’une sorte de Big Bang incessant dans l’évolution des lois musicales.
Theodor Wiesengrund Adorno 
· Problème: comment l’analyse d’une composition peut-elle se relier à son interprétation en sorte de créer ce qu’Adorno appelait une «interprétation analytique » ?
· Pour ce faire, on exposera une théorie infinitésimale de l’interprétation (voir la correspondance Adorno-Benjamin). L’interprétation sera ainsi décrite comme transformation à de l’espace des symboles de la partition dans l’espace des événements physiques de sa réalisation (via son interprétation). La Jacobienne inverse J-1(Ã) de à décrira alors la structure infinitésimale de Ã. Moyennant ces concepts de la géométrie différentielle, on aboutira aux champs vectoriels interprétatifs T, dont le tempo musical représente un cas classique de dimension 1.
· Notre solution consistera en la mise en place d’opérateurs interprétatifs O qui déforment les champs interprétatifs T en fonction d’analyses données A de la partition en question: T1 = O(T,A).
· Dans ce cadre, l’intervention d’une analyse A se fait en utilisant une forme particulière du problème. Elle consiste en une fonction numérique dite poids analytique P(A) où les opérateurs prennent la forme O(T, P(A)).
· On présentera l’implémentation de cette théorie dans le logiciel RUBATO, en particulier ses modules d’analyse rythmique, motivique et harmonique, ainsi que son module d’interpré-tation.
· Nous appliquerons tout ceci au Contrapunctus III de l’Art de la Fugue de Johann Sebastian Bach.
Glenn Gould 
· On sait que la partition s’est créée par abstraction de neumes qui constituaient des traces du caractère gestuel à l’origine de la musique. Nous envisagerons alors le problème qui en découle: si les notes sont bien des gestes surgelés, est-il possible de réchauffer les gestes qu’indexe une partition?
· Notre analyse d’une reconstruction de ces gestes prendra deux aspects:
Ø Primo: comment réaliser les contraintes géométriques et physiques ? Nous caractériserons cette réalisation et discuterons son implémentation informatique.
Ø Secundo: quelle réalisation sémiotique est ici nécessaire ? Quelle est l’intelligence incorporée dans le geste musical ? (Cf. Jean Paul: «La langue est un herbier de métaphores desséchées.»). Il s’agira ici de trouver des ressources sémiotiques au niveau «symbolique» des notes et donc de profiter des opérateurs adorniens d’interprétation examinés lors de la journée précédente. Nous interrogerons pour cela la différence entre sémiotique adornienne et sémiotique gestuelle «pleine». On discutera en particulier la thèse selon laquelle cette différence exprime la dimension créative de l’interprétation et l’on prélèvera pour cela des exemples chez Michelangelo Benedetti, Glenn Gould et Cecil Taylor.
· On donnera l’exemple d’une telle reconstruction gestuelle à partir d’une composition de Carl Czerny en mettant alors en œuvre une animation par ordinateur d’une main en mouvement.
· Pour terminer, nous aborderons un problème ontologique fondamental: celui du concept de point en musique. Ce problème devient en effet essentiel dès que les symétries, gestes et autres objets complexes deviennent les éléments d’une nouvelle pensée musicale (qu’elle soit issue de la composition, de l’analyse ou de l’interprétation). On discutera ce faisant les structures de topoi nécessaires pour traiter de ces questions.
Guerino Mazzola et Heinz Geisser,
concert aux temples de Prambanam 
L’étude mathématique de la musique et de ses théories n’est nullement contradictoire avec une pratique intensive de pianiste (free jazz). Je voudrais illustrer ce fait en même temps que me confronter aux questions et interventions d’un auditoire.
· Le sujet principal de ce récital commenté sera de mettre en évidence l’utilité d’une conscience approfondie des procès et structures extrêmement compliqués de la musique pour mieux comprendre la transition du «en dehors du temps» en un «à l’intérieur du temps».
· Ce récital illustrera l’intime connexion — qui est même une identification — entre faire et penser la musique. Cette fusion de concepts met en évidence l’intelligence incorporée dans le geste: la connexion semble ici se réifier dans un état où, pour le musicien entièrement immergé dans le temps, c’est la musique qui désormais le joue, et non plus lui qui la joue et la contrôle.
Discographie
1. Mazzola/Piano Solo Kelvin Null OMP Records 1001 LP
2. Mazzola/Piano Solo Akroasis Wergo SM 1024 LP
3. Mazzola/Moor/Sollberger Aus dem Hinterhalt OMP Records 1002 LP
4. Q4 Orchestra Lyons' Brood Creative Works CW 1018 CD
5. Guerino Mazzola Synthesis SToA music ST-71.1001 CD
6. Jan Beran Immaculate Concept SToA music ST-71.1002 CD
7. Q4 Orchestra Yavapai Creative Works CW 1028 CD
8. Rissi/Mazzola/Geisser Fuego Creative Works CW 1029 CD
9. Brown/Mazzola/Geisser Orbit Music & Arts CD-1015 CD
10. Mazzola/Geisser Toni's Delight Cadence Jazz Records 1090 CD
11. Mazzola/Geisser/Fields/Turner Maze Quixotic Records 5002 CD
12. Mazzola/Geisser/Fields/Maneri Heliopolis Cadence Jazz Records 1122 CD
13. Mazzola/Geisser Folia Silkheart 153 CD
14. Mazzola/Geisser/Rissi Tierra Cadence Jazz Records 1130 CD
15. Mazzola/Geisser/Rissi Agua Cadence Jazz Records 1150 CD
16. Mazzola/Geisser/Fields/Maneri Chronotomy BlackSaint/SoulNote 120173-2 CD
17. Mazzola/Geisser Someday Silkheart 154 CD
Leçons de mathématiques
(DMA)
Mercredi 9 mars (16h30-17h30, salle H. Cartan) :
Mardi 15 mars (14h-15h, salle W) :
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