|
« La musique contemporaine et les langues » (V. Anger, A. Bonnet, H. Larbi et F. Nicolas) Le second samedi du mois (15h) à l’École normale supérieure 45, rue d'Ulm - Paris V Calendrier 2011-2012 : 15 octobre 2011 12 novembre 2011 10 décembre 2011 14 janvier 2012 11 février 2012 10 mars 2012 12 mai 2012 16
juin 2012 (Conservatoire du XIX°, 20h30) |
|
« La musique et Paul Celan » (A. Bonnet et F. Marteau) Le samedi matin (10h-13h00) à l’École normale supérieure 45, rue d'Ulm - Paris V Participation sur demande motivée Calendrier
2011-2012 : 10 décembre 2011 14 janvier 2012 4 février 2012 10 mars 2012 5 mai 2012 16
juin 2012 |
Séminaire Babel : « La musique contemporaine et les
langues »
(Cirphles-Ens,
Conservatoire du XIX°, APP-Rennes)
http://cirphles.ens.fr/mamuphi/seminaire-babel
Argumentaire du séminaire
La musique – plus précisément cet art musical
qui s’assure, via sa propre écriture (solfège),
d’une ressource logique immanente - a su, en différents moments cruciaux de son
histoire, tirer parti d’un rapport intime aux langues de son temps pour y
puiser de nouvelles ressources, tant objectives que subjectives. Cela fut
exemplairement le cas autour de Monteverdi et, bien plus tard, autour de Wagner
puis de Schoenberg et Debussy (il faudrait ajouter d’autres noms à cette liste
de compositeurs pour qui continuer l’art musical passait par l’invention d’une
alliance avec telle ou telle langue).
Tout de même, la musique dite contemporaine de
ce début de XXI° siècle a sans doute parti à tirer d’une alliance renouvelée
avec les langues du monde en vue de franchir le tournant majeur dans lequel
elle se trouve engagée.
Pour spécifier un propos plus général d’Adorno
(« L’art a besoin de quelque chose qui lui est hétérogène pour devenir
art »), on dira que la musique contemporaine a
particulièrement besoin aujourd’hui de se rapporter à quelque hétérogène pour
rester art, et que, parmi les hétérogénéités susceptibles aujourd’hui d’être accueillies
par la musique en sorte de la féconder, les langues du monde (pour ne pas
employer la catégorie trop abstraite de langage)
constituent une candidature privilégiée parmi l’ensemble des pratiques
susceptibles de jouer ce rôle (qu’il s’agisse alors de la chorégraphie, des
arts contemporains de l’image et de la plasticité ou même de formes non
artistiques de pensée…).
De quelles manières proprement contemporaines
la musique peut-elle nouer de nouveaux types de rapports avec les différentes
langues du monde ? Non pas tant comment mettre en musique ces langues ou,
à l’inverse, comment mettre la musique en langue (et nul besoin, pour tirer
parti de cette orientation, de supposer quelque connivence native entre musique
et langage), mais plutôt : comment moduler la
musique selon telle ou telle langue ? De quelles ressources, propres à
telle ou telle langue, tirer musicalement parti ? Quelle dialectique
proprement musicale inventer entre deux figures réciproques de la même
« modulation » : celle de qui accueille un étranger (et respecte
son hétéronomie) et celle de qui accepte d’être un hôte en terre étrangère (et
autolimite son hétéronomie) ? Comment tout ceci a-t-il été déjà pratiqué,
ces derniers temps mais également dans un passé plus lointain ?
Comment, à ces fins, tirer parti d’une
meilleure connaissance et compréhension des logiques discursives respectives de
la musique et de telle ou telle langue ?
Les langues candidates à cette nouvelle
alliance sont évidemment nombreuses :
·
langues vivantes peu habituées à ce type
d’alliance et que le monde actuel nous offre à foison : langues arabe(s)
et orientales, d’Afrique et d’Océanie… ;
·
langues vivantes déjà mobilisées mais
avec lesquelles l’alliance aurait sans doute à être renouvelée : langues
d’origine européenne, langues japonaise et chinoise(s)… ;
·
langues mortes dont l’autonomie et la
consistance tant syntaxique que phonologique restent suffisamment assurées pour
opposer quelque résistance à la logique discursive propre de la musique (et ne
pas se voir musicalement réduites à une série d’onomatopées insignifiantes…).
Ce séminaire voudrait privilégier un abord
monographique de ces questions (tout particulièrement des ressources que telle
ou telle langue peut apporter à la musique contemporaine) plutôt que convoquer
une science générale de ce que langage voudrait
aujourd’hui dire.
Il s’adresse tant aux musiciens – compositeurs
et interprètes (en particulier chanteurs) – et aux musicologues soucieux de
création contemporaine qu’aux acteurs (créateurs, savants ou simples amateurs)
de ces diverses langues.
Il se tiendra le second samedi du mois à l’Ens
- de 15h à 18h - aux dates suivantes : 15 octobre 2011, 12 novembre 2011,
10 décembre 2011, 14 janvier 2012, 11 février 2012, 10 mars 2012, 12 mai 2012.
Journée exceptionnelle de restitution
questionnante, le 16 juin 2012, au Conservatoire du XIX°.
*****
·
15 octobre 2011 - Violaine Anger : Voix,
parole, musique : généalogies (ou comment aborder le point tangentiel qui
existe entre le parlé et le chanté…)
·
12 novembre 2011- François Nicolas :
Quelles conséquences
musicales tirer du fait que, contrairement au grégorien, le tajwîd ne se thématise pas comme
musique ?
·
10 décembre 2011 – Hacène
Larbi : La langue japonaise…
·
14 janvier 2012 – Gérard Abensour : Le
vers russe, de la récitation à la mise en musique
·
11 février 2012 – Gerald Stieg : La
langue allemande [1]
·
10 mars 2012 - Marjorie Berthomier :
Des rapports de Schoenberg à la traduction [2]
·
12 mai 2012 - Marc Ballanfat : Le
sanscrit…
·
16 juin 2012 (20h30) :
Atelier-Concert (Conservatoire du XIX° arrondissement)
*****
Pour tout contact : fnicolas [at] ens.fr
[1] 0. Prélude: Brève réflexion sur l'orthographe allemande
1. Synesthésie romantique
2. Rilke et Trakl à l'époque de la Sprachkritik
3. « L'alliance de la musique avec le verbe » dans le Docteur Faustus de Thomas Mann
[2] Des rapports de Schoenberg à la traduction: une recherche en cours...
J'essaie de poursuivre, dans ce travail,
les premières recherches que j'ai menées à ce sujet dans le cadre d'une étude
comparatiste portant sur Schoenberg, le Sprechgesang, et la traduction. Du Pierrot Lunaire
(1912) – dont Schoenberg garde le titre français adopté par la traduction, qu’il
conserve, d’Otto Erich Hartleben – à Un Survivant de Varsovie (1947) – dont la forme plurilingue naît d’un projet initial de
retranscription yiddish ou hébraïque du chant de partisans qui lui a été
initialement transmis en anglais –, l'analyse des rapports qu'instaure
Schoenberg, par le Sprechgesang, entre "un
texte donné" et ses traductions possibles, semble témoigner d'une évolution,
à la fois dans la relation du compositeur aux langues et à leurs capacités d’expression,
aux cultures où son expression propre s'origine, et aux sons dans l'entourage
desquels elle se manifeste.