ircam cnrs

mamuphi

mathématiques - musique – philosophie

Description : mamuphi

(org. C. Alunni, M. Béjean, M. Gonzlez et F. Nicolas)

 

À partir d’octobre 2021, le séminaire reprend ses activités à l’Ircam.

Durant la nouvelle saison 2021-2022, il accordera une attention particulière à la manière dont la pensée mathématique moderne et contemporaine féconde les intellectualités mobilisées dans nos rencontres mensuelles, en premier lieu l’intellectualité musicale.

Les journées se dérouleront en présentiel mais une diffusion simultanée par Zoom sera assurée.

 

 

Saison 2021-2022

 

Toutes ces activités ont lieu à l’Ircam (1 Place Igor Stravinsky, 75004 Paris)

un samedi par mois de 10h à 13h et de 15h à 18h en salle Shannon

 

Entrée libre dans la mesure des places disponibles.

Une diffusion simultanée sera assurée sous Zoom.

 

9 octobre 2021

Guillaume Laplante-Anfossi & Martin Gonzlez : Lawvere et Hegel

13 novembre 2021

Moreno Andreatta : Théories et modèles de/pour la chanson

11 décembre 2021

Martin Gonzalez & Charles Alunni : La réforme des « maths modernes » dans les années 60

15 janvier 2022

Mathias Béjean & Andrea Cavazzini : Mathématiser le vivant et le variant

12 février 2022

Mirna Dzamonja : L’indépendance mathématique et ses limites logiques

12 mars 2022

Andrée Ehresmann & René Guitart : Structures locales ehresmaniennes

9 avril 2022

10h-13h

François Nicolas : De trois négations logiques et de leurs intrications

15h-18h

Violaine Anger [1], Céline Beaupain [2] & Philippe Debroise [3]:

D’un moment mamuphi à partir du IX° siècle et de ses répercussions…

14 mai 2022

Fernando Zalamea : La théorie des faisceaux et Grothendieck

 

 

Pour tout contact:

   Charles Alunni : alunni [at] ens.fr

   Mathias Béjean : mathias.bejean [at] u-pec.fr

   Martin González : martin.gonzalez [at] live.fr

   François Nicolas : fnicolas [at] ircam.fr

 

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Samedi 9 octobre 2021 : Lawvere et Hegel

(dir. Martin González et Guillaume Laplante-Anfossi)

 

Martin González : De l’inauguration d’une intellectualité mathématique matérialiste codifiée catégoriquement [4]

[ texte ] [ diapos ] [ vidéo ]

Charles Alunni : Être, Néant et Devenir, ou la Science de l’Être

[ vidéo ]

Guillaume Laplante-Anfossi : L’unité et l’identité des opposés adjoints selon Lawvere [5]

[ texte ] [ vidéo ]

 

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Samedi 13 novembre 2021 : Théories et modèles de/pour la chanson

(dir. Moreno Andreatta )

 

Pour suivre la journée en direct sur Youtube :

https://youtu.be/DNX_xAiwA2w

 

Cette séance est centrée sur la chanson et représente le troisième volet d'un cycle consacré à la popular music dans ses aspects, théoriques, analytiques et compositionnels. Comme dans les deux séances précédentes, la journée proposera à la fois des analyses de démarches créatives ainsi que des réflexions théoriques et computationnelles inspirées d'approches issus, cette fois, de l’intelligence artificielle et de la cantologie.

Y a-t-il une possibilité d’articuler de façon créative des approches théoriques issues d’une formalisation mathématique ou d’une démarche cantologique avec des modélisations computationnelles dans l’étude de la forme chanson ?

Quelles perspectives philosophiques nouvelles peut-on dégager d’une telle démarche interdisciplinaire ?

 

·       10h-11h15 : Moreno AndreattaModèles théoriques et computationnels de/pour la chanson : perspectives analytiques et compositionnelles.

Longtemps considérée comme objet d'étude inintéressant pour la musicologie académique, la chanson est loin d'être un art mineur, comme Gainsbourg le soutenait – non sans provocation - et peut poser des défis majeurs à l'analyse musicale, en particulier via l'utilisation de modèles formels et computationnels. En poursuivant une réflexion personnelle sur la pertinence de la formalisation mathématique des structures et processus musicaux, j'aborderai en particulier la question des représentations géométriques et de leur intérêt dans l'analyse mélodique, harmonique et rythmique de la chanson. À partir de quelques exemples de chansons faisant usage - consciemment ou inconsciemment - du concept de symétrie, j'essaierai de montrer comment j'utilise des techniques issues de la combinatoire et de la théorie des graphes pour enrichir ma propre palette d'outils compositionnels au service de la poésie mise en chanson.

·       11h30-13h00 : Ken Déguernel, Mathieu Giraud, Sébastien Gulluni, Gianluca Micchi"I Keep Counting" et "The Last Ment Before You Fly", deux expériences de co-créativité au concours AI Song.

L’équipe Algomus et ses collaborateurs ont participé aux deux éditions du “AI Song Contest”, concours de la chanson avec intelligence artificielle, avec les titres “I Keep Counting” (2020, interprété par Niam) et “The Last Moment Before You Fly” (2021, co-composé et produit par Sébastien Gulluni). Pourquoi et comment artistes et chercheurs en informatique musicale travaillent-ils ensemble à ces productions ? Structure, accords, mélodies, paroles et arrangements : la présentation dévoilera quelques secrets de composition et de production de ces titres. Nous échangerons sur comment ces méthodes peuvent stimuler à la fois la recherche en informatique musicale tout comme de nouvelles dynamiques de co-création musicale entre humain et algorithme, ici avec un choix “low-tech” assumé.

 

·       14h30-15h30 : François Pachet Songwriting et Intelligence Artificielle : de la preuve de concept à l'outillage industriel

Si l'histoire de l'IA appliquée à la musique remonte aux années 50, ce n'est que récemment que l'IA a enfin montré qu'elle pouvait être utilisée à des fins créatives intéressantes. Je décrirai quelques expériences dans ce domaine, depuis Daddy's car (le pastiche des Beatles), Hello World (le premier album de musique pop co-composé par IA) et American Folk Songs (un album de Folk revisité par l'IA) jusqu'aux efforts récents pour outiller le plus grand nombre. Je dégagerai quelques nouvelles thématiques de recherche assez inattendues qui apparaissent dès lors que l'on tente de passer de la preuve de concept en laboratoire à l'outillage à grande échelle.

·       15h30-16h30 : Stéphane HirschiLa chanson entre mesure et démesure ? De la cantologie comme horizon d'une appréhension de l'art du temps compté.

Dans le contexte d'interrogations théoriques inspirées par l'Ircam, un bilan sur la cantologie, approche globale de la chanson, envisagée dans son interprétation comme un art spécifique du temps compté, permettra de confronter les acquis d'une discipline fondée il y a trente ans avec des perspectives envisagées depuis l'angle de la création.

·       17h00-18h00 : Table ronde (avec la participation d’Émilie Simon et Cyrille Brissot, sous réserve)

 

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[1] Violaine Anger : La Musica enchiriadis et la Scolica enchiriadis, quelle pensée du nombre ?

Les deux traités carolingiens, la Musica enchiriadis et la Scolica enchiriadis, auxquels il faut adjoindre le De Musica d'Hucbald de Saint Amand, sont célèbres parce qu'ils proposent les premiers exemples de polyphonie. Ils sont aussi le lieu où se trouve expliquée la notation dite dasiane, première notation où la hauteur des sons est transmise de façon univoque. Enfin, ils proposent une écriture de la musique, syllabique sur ligne. Ces deux dernières inventions sont pour ainsi dire des notations de laboratoire : elles n'ont pas donné lieu à l'écriture de grandes œuvres. En revanche, elles ont une réelle diffusion et une influence incontestable. On les retrouve jusque dans les écrits de Gui d'Arezzo. L'intervention cherchera à mieux cerner la manière dont le nombre sonore (qui devient la hauteur) est transformé pour devenir représentable. Les termes d'espace (spatium) et de système sonore (sistema) sont parmi les termes à interroger.

 

[2] Céline Beaupain : La place des nombres dans une notation rythmique du début du xve siècle.

On trouve, dans certaines pièces du manuscrit dit « de Chypre », un jeu sur l’expression numérique et la dénomination de proportions, qui s'affranchit d'un cadre strictement pythagoricien. On y trouve également une accélération - la recherche d'un indivisible ? -. Le contrepoint de ces pièces est conditionné par ces schémas rythmiques et numériques.

 

[3] Philippe Debroise :  La musique et la nouvelle physique des intensités de Nicole Oresme

Serait-il possible que la sensibilité musicale guide le philosophe de la nature dans ses premières intuitions ? Dans son Traité des configurations des qualités et des mouvements, où il innove des soubresauts d’une physique nouvelle des intensités qualitatives et cinématiques, Nicole Oresme consacre toute une section à la musique, imprégnée d’une esthétique nouvelle, un « pythagorisme géométrique ». La géométrie aide alors à voir les variations sonores de la polyphonie naissante de son temps. Mais est-ce une physique nouvelle appliquée à la musique ? N’est-ce pas plutôt que la nouvelle sensibilité musicale pousse le philosophe à la recherche de nouveaux ordres harmoniques dans la nature ?

 

[4] Martin González : De l’inauguration d’une intellectualité mathématique matérialiste codifiée catégoriquement

Peut-il y avoir une Idée mathématique des mathématiques ? C’est sous le guide de cette question que Lawvere inaugure dès 1960 un espace d’intellectualité mathématique de type nouveau visant à étendre ce que mathématique désigne comme monde peuplé de constructions mathématiques en situation et comme intensité maximale de la pensée à l’œuvre dans ce monde des mathématiques.

Cette extension se fera en deux étapes - les deux premières dans la longue marche toujours en cours que ce mathématicien décidera de suivre pour contribuer à déployer cette Idée :

·       la première ouvre les possibles d’une intellectualité mathématique mathématicienne ;

·       la deuxième ouvre les possibles d’une telle intellectualité qui soit matérialiste.

Nous analyserons comment Lawvere inaugure ces deux extensions en avançant l’écriture catégorielle comme écriture propre à ce qui, de l’intellectualité mathématique, peut-être codifié pour ensuite pouvoir être dit, écriture qu’il déclare étendre à partir de l’écriture mathématique - l’algèbre -.

Nous caractériserons le projet Lawverien sous cet angle, en y articulant les possibles ainsi ouverts tout comme les nouveaux risques et les éventuels échecs, tous procédant de l’inauguration d’un tel espace de pensée.

 

[5] Guillaume Laplante-Anfossi : L’unité et l’identité des opposés adjoints selon Lawvere

Dans son article « Unity and Identity of Opposites in Calculus and Physics », William Lawvere définit en termes catégoriques les triplets de foncteurs adjoints qu’il nomme « unity and identity of adjointly opposites » (UIAO). De tels triplets de foncteurs représentent pour lui l’incarnation de la dialectique hégélienne « à l'œuvre » dans les mathématiques et la physique. Il donne à cet effet plusieurs exemples concrets.

Nous nous proposons ici d’examiner en détail l’exemple de la dialectique entre l’algèbre et l’analyse dans la genèse du calcul différentiel, que Lawvere interprète au niveau catégorique en se basant sur les travaux de Marx et Hadamard, afin de clarifier l’essence de cette pensée.